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jeudi 14 décembre 2017
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Saint-Tropez ›

Publié le
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Bertrand Tavernier, généreux cinéphile
Bertrand Tavernier prépare un long métrage sur le cinéma françaisF. F.
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Même s'il se fait plus rare à Sainte-Maxime, le réalisateur Bertrand Tavernier est un peu un enfant du pays. La cité, il la fréquente depuis 1939, date d'acquisition par sa famille d'une jolie propriété aux Saquèdes.

Sa sœur Laurence était d'ailleurs l'épouse d'Aymeric Simon-Lorière, célèbre maire de la ville.

Son passage dans la commune est toujours salué, tant il aime aller à la rencontre des autres et sait se rendre disponible.

Pourtant, ses visites se sont espacées dans un sud dont il ne cautionne pas toujours la politique. Mais l'homme reste enthousiaste et se lance dans une belle aventure autour du cinéma français.

Vous êtes venu à la rencontre du public. Cet exercice vous plaît ?

Je réponds toujours positivement à des exploitants comme Jean-Marie Charvet ou Ciné 80 qui se battent pour faire vivre des salles. Récemment, j'ai rencontré 210 lycéens.

Le cinéma peut jouer un rôle formidable chez les jeunes. Il apprend l'éveil, à ne pas être soumis à une image. Il apporte des connaissances de manière ludique. J'ai le souvenir d'une petite Maximoise, Ludmilla, dans la classe du professeur Danièle Paturet.

Une jeune fille renfermée au parcours difficile qui a osé me poser des questions puis m'écrire. Ce débat sur un film qui l'a touché a eu l'effet d'un électrochoc. Elle est avocate aujourd'hui.

Va-t-on vous voir plus souvent dans la cité ?

Je ne sais pas. Pendant longtemps, la politique locale m'a détourné de la ville. Vincent Morisse me réconcilie avec elle. Je l'ai rencontré pour ma maison. Entre le COS, le POS, le PLU, le PPRIF et Natura 2000, on essaie de se retrouver parmi une centaine d'initiales qui se contredisent. C'est kafkaïen, ubuesque !

Un véritable sujet de film : comment concilier des règlements opposés édictés dans le même État, auxquels s'ajoutent les directives européennes taillées à la serpe et jetées au hasard !

Avez-vous la nostalgie du Sainte-Maxime de Simon-Lorière ?

Ses initiatives étaient formidables et faisaient grand bruit. J'ai un excellent souvenir de ce qu'il avait lancé, démoli ensuite par ses successeurs. J'ai ressenti un écœurement terrible. Il avait une vision pour la ville, voulait mettre en place une réglementation pour limiter l'espace de bétonnage qui a défiguré cette région. Par contre, j'ai découvert avec plaisir la nouvelle promenade qui est tout à fait dans l'esprit de Simon-Lorière.

Votre film « Quai d'Orsay » rediffusé jeudi lance-t-il un regard dur sur les politiques ?

Non au contraire, il montre que du chaos peut naître un des plus beaux discours de la diplomatie française. On peut faire de grandes choses quand on est à sa place. Hollande n'a pas mis ses ministres aux bons postes, il a une non-connaissance du terrain. Par contre j'apprécie des gens comme Fleur Pellerin. Elle est la seule à lutter contre l'évasion fiscale programmée par Jean-Claude Junker, président de la commission européenne.

Quel est votre prochain projet ?

Je prépare un film d'au moins trois heures sur ma vision du cinéma français, qui devrait aussi déboucher sur une série. C'est un documentaire personnel et partial sur ce que j'ai aimé et retenu de ce genre. Je veux parler de gens qu'on a totalement oubliés comme les metteurs en scène Duvivier très mésestimé ou Henri Decoin, injustement méconnu. Je raconterai mon expérience d'attaché de presse auprès d'Agnès Varda, Jacques Demy, Jean-Claude Godard ou Chabrol. Évoquer les compositeurs, les auteurs de chanson, toutes les choses qui m'ont touché. Mais surtout, clamer mon amour pour le cinéma de Renoir à Schoendoerffer, de Becker à Godard, de Guitry à Melville.

Christiane GEORGES

cgeorges@varmatin.com

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